Madame, Monsieur, chers amis,

Je quitte aujourd’hui mes fonctions, quatre ans jour pour jour après ma nomination comme directeur général de l’Institut français du Maroc et comme conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Rabat. Avant l’arrivée de ma successeuse, Clélia Chevrier Kolacko, c’est mon adjoint Jean-Pierre Mahoué qui assurera l’intérim de mes fonctions. Je vous remercie de lui réserver le meilleur accueil. Je vous suis également reconnaissant de travailler toujours aussi efficacement avec Michel Houdu, en charge du pilotage du réseau scolaire français au Maroc.

J’ai été très heureux et fier de diriger, sous l’autorité de deux ambassadeurs successifs, le plus grand dispositif de coopération que la France ait à l’étranger. Je me suis efforcé, pendant ces années d’une extraordinaire richesse, de renforcer les échanges déjà exceptionnels qui existent entre nos deux pays dans les domaines de la culture, de l’enseignement, de la gouvernance, et aussi de les adapter à notre nouvel environnement politique, économique, social.

Je me félicite de constater que, dans tous les domaines de la culture et du savoir qui sont les nôtres, nous avons fait progresser la relation entre la France et le Maroc.

Nos écoles françaises ont continué d’améliorer leur offre d’enseignement et ont vu leurs effectifs s’accroître de 32.000 à 37.000 élèves, en particulier pour accueillir les enfants des familles franco-marocaines qui font le choix de vivre dans le Royaume.

Les universités et grandes écoles françaises accueillent désormais 38.000 étudiants marocains, contre 32.600 il y a 4 ans. Le Maroc reste ainsi, plus que jamais, le premier pays d’origine des étudiants internationaux en France.

Le mouvement d’installation de grands établissements d’enseignement supérieurs français sur le territoire du Royaume, que nous appelions de nos vœux, s’est concrétisé, faisant du Maroc un hub pour la formation des futurs cadres de l’Afrique. Cinq grandes écoles françaises sont maintenant implantées dans ce pays, et le mouvement se poursuit. Nous avons par ailleurs aidé le Royaume à faire face à l’arrivée massive d’étudiants, par la relève des enseignants-chercheurs, le développement des Moocs, le rapprochement avec l’entreprise et l’emploi.

Nous avons accompagné avec efficacité la révolution éducative qui fait du français une langue d’enseignement aux côtés de l’arabe. En 4 ans, le nombre d’établissements accueillant au moins une section internationale francophone est passé de 6 à 1722, et le nombre d’élèves de 200 à plus de 185.000. Les cours de langue de l’Institut français du Maroc font le plein. Ils enregistraient 50.000 élèves en 2014, 63.000 aujourd’hui, pendant que les passations de certifications s’accroissent au rythme de la mobilité étudiante en France.

Nous avons multiplié par 10 notre soutien à la société civile, en particulier sur les sujets du climat, de l’égalité hommes-femmes, de la lutte contre la radicalisation, de l’engagement citoyen des jeunes. Nous avons apporté un appui constant aux institutions de bonne gouvernance créées par la constitution de 2011, comme le Conseil national des Droits de l’Homme. Nous sommes aux côtés du Maroc dans ses grands chantiers institutionnels que sont la régionalisation avancée ou la réforme de la fonction publique. Nous avons relancé la coopération décentralisée après la pause due aux élections locales et à la modification de la carte des régions dans nos pays.

La relation culturelle a été, durant ces années, exceptionnellement dense. Nous y avons pris notre part, à la fois en proposant au public marocain -de la Comédie-française au ballet Preljocaj en passant par le Collège de France- le meilleur de la culture française et en accompagnant, par mille initiatives, l’extraordinaire créativité artistique et intellectuelle de ce pays. En tout, nous avons organisé plus de 3000 manifestations culturelles. Des Nuits des philosophes au forum d’Essaouira, le débat d’idées a été une priorité, parce qu’il fallait dans ce domaine répondre à une demande très forte de la jeunesse marocaine.

Enfin, j’ai la satisfaction de laisser, grâce à un effort de discipline budgétaire pour lequel je remercie Karim Dekiouk, un établissement, l’Institut français du Maroc, en bonne santé financière, ce qui devrait lui permettre cette année d’envisager l’indispensable  relocalisation de ses antennes à Fès et Oujda.

Tout cela aurait été impossible sans le personnel de l’Institut français du Maroc et du service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France à Rabat dont je ne louerai jamais assez la compétence, le talent, l’engagement. C’est au final un bilan collectif dont nous pouvons être satisfaits, qui aura permis à la fois de renforcer la relation d’exception entre nos deux pays et d’accompagner le développement du Maroc.

Ce n’est pas sans tristesse que je quitte ce beau et grand pays. Tristesse de s’éloigner de tant de visages amis. Tristesse de laisser, comme chaque fois que l’on quitte une terre que l’on aime, une partie de soi-même. Je remercie nos partenaires, notre public, de leur confiance. Je leur redis l’immense plaisir que j’ai eu à travailler et échanger avec eux. Et je leur souhaite, dans leurs vies professionnelles comme personnelles, le meilleur.

Amicalement,

Jean-Marc Berthon

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