vendredi 18 oct.
21:30
Théâtre 121 - Casablanca

Comment le film Casablanca, réalisé en 1942 par Michael Curtiz, a-t-il fait de la ville éponyme un véritable mythe ?

L’association des mots « Casablanca » et « cinéma » engendre généralement, dans la mémoire collective, le souvenir des images en noir et blanc de Humphrey Bogart qui, fou d’amour pour Ingrid Bergman partie dans les bras d’un autre, noie son chagrin dans le cabaret-café qu’il tient au cœur de la grande ville marocaine. Il convient pourtant de rappeler que Casablanca n’a jamais été tourné dans cette ville, et encore moins au Maroc qui était alors placé sous le protectorat de la France de Vichy. Hollywood étant en outre, à l’époque, très attachée aux reconstitutions en studios. Casablanca est un film de studio qui fait parfois montre de quelques erreurs autant historiques que culturelles. Néanmoins, le contexte du film et de son scénario est passionnant et riche en informations inédites, et en 1942 Casablanca se retrouve déjà, et à jamais, mythifiée par le 7e art.

Il se raconte que certains habitants âgés de la médina ou des Habous, à force de raconter aux touristes qu’ils ont figuré ou fait le machino pour le film de Curtiz, ont fini par croire qu’ils ont réellement participé à son tournage. Qu’elle relève du réel ou du fantasme, cette anecdote met assurément au jour une certaine idée du cinéma comme étant capable de s’emparer d’une entité et de la modeler pour la transformer en rêve. À l’inverse, le célèbre Rick’s Café du film a été construit une soixantaine d’année après le tournage, le réel prolongeant ainsi la fiction.

Images et extraits à l’appui, Abdellah Naguib, passionné de l’histoire de Casablanca, et Roland Carrée, docteur en cinéma de l’Université Rennes 2 et enseignant-chercheur à l’ÉSAV Marrakech, décortiqueront sous cet angle le chef-d’œuvre de Michael Curtiz.

Partager :