Exposition
Du
samedi 01 avril
09:00

Au
dimanche 30 avril
18:00

Originaire de Bobo-Dioulasso, au sud du Burkina-Faso, Sory Sanlé est l’un des grands noms de la photographie voltaïque. Il ouvre son studio baptisé Volta Photo au milieu des années 1960 alors que la République de Haute-Volta vient d’accéder à l’indépendance. Ses photos illustrent l’euphorie de cette décennie. Une jeunesse émancipée s’affranchit peu à peu des carcans d’une société voltaïque encore très traditionnelle. Ses images montrent la quête d’une jeunesse parfois déboussolée mais toujours gaie, confrontée à l’irruption frontale de modes de vie modernes. Cette jeunesse devient naturellement excentrique, dans ses poses, ses regards ou ses accoutrements.

 

Les attributs de la modernité se manifestent par des t-shirts imprimés, des transistors trimballés, un vélo, un scooter ou une moto, un pistolet en plastique, des talons compensés, un pot de fleur, des disques vinyles ou une guitare qui sont autant d’éléments renvoyant à une modernité élusive. Sory compose des séries entières autour de ces éléments, comme autant de signes qui affirment une personnalité ancrée dans son époque.

 

Les tenues traditionnelles, les coiffes et les tenues de cérémonie sont également présentes dans ces images qui échappent à toute forme de normalisation. Les soirées dansantes, les tenues excentriques ou les poses candides ont les faveurs de Sory. Celui-ci se déplace en moto ou en auto jusque dans les villages les plus reculés de la brousse autour de Bobo-Dioulasso. Il prend avec lui un générateur et une platine vinyle afin de faire danser jusque dans les endroits les plus reculés.

 

La fougue de cette jeunesse voltaïque se dissout progressivement dans l’indolence paternaliste des années de règne du Général Lamizana. Avec l’arrivée au pouvoir de Thomas Sankara, la société se referme sur cette jeunesse. L’allégresse semble s’évanouir, comme les visages marqués que photographie alors Sory. Ceux-ci sont impassibles, voir résignés. La magie d’une époque disparaît inexorablement. Les images qu’il a saisies au cours de la décennie précédente sont les preuves d’une effervescence inouïe. La vigueur et l’insouciance se retrouvent dans ces images.

Tout le monde, des notables aux garçons des rues, des pèlerins musulmans aux sœurs catholiques passe alors dans son studio.

 

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