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lundi 02 déc.
Au
vendredi 20 déc.

Présentée dans le réseau du Royaume tout au long de l’année 2019, l’Institut français du Maroc, en partenariat avec l’ONCF et REDAL, présente l’exposition Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui dans le hall de la gare Rabat Agdal jusqu’au 20 décembre 2019.

Visite libre et gratuite.

L’exposition montre les œuvres d’une cinquantaine d’auteurs provenant d’Algérie, d’Égypte, d’Irak, de Jordanie, du Liban, de Libye, du Maroc, de Palestine, de Syrie et de Tunisie. Tous témoignent avec force, humour, acuité et parfois rage de la situation dans leurs pays. On les considère comme une des conséquences des fameux « printemps arabes », bien que quelques auteurs aient précédé ces changements et les aient annoncés. Certains continuent même d’en témoigner au péril de leurs vies.

Depuis près d’une décennie, cette scène effervescente de jeunes auteurs, fait bouger les choses. Ils évoquent le quotidien des grandes villes dans une démarche implicitement politique. Ils explorent également les récits de l’intime avec une audace que nous ne soupçonnons pas. Ils expérimentent dans la forme, mêlant la tradition du dessin arabe aux esthétiques des bandes dessinées occidentales, des mangas, du street art….

Médiations culturelles et visites actives

Tout au long de l’exposition, l’Institut français de Rabat organise une série de visites accompagnées à la Gare de Rabat-Agdal à destination des scolaires et du tissu associatif marocain. Près de mille élèves de collèges et lycées sont concernés par ces médiations. Munis d’un livret pédagogique et ludique, chaque élève découvre l’exposition à la manière d’un jeu de piste. Présent pour chaque médiation, le bédéiste marocain Salaheddine Basti les initie à la création de leur propre planche de bande dessinée.

En marge des visites scolaires, 120 enfants du tissu associatif ont bénéficié de journées culturelles singulières qui les ont mené vers Tanger, via le TGV Al Boraq. Au programme, la visite de l’exposition de la bande dessinée arabe, le transport en TGV accompagné de lunettes de réalité virtuelle et d’activités autour de la bande dessinée, des ateliers contes et breakdance prévues à la gare de Tanger avant le retour vers Rabat.

 

 

Le mot du Directeur Général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême

 » Ce partenariat conforte des liens culturels et historiques entre nos deux pays, et approfondit la vocation de la France à rendre compte des évolutions du paysage artistique et culturel du monde arabe qui nous est si proche, nos destins historiques étant inextricablement liés. Cette aventure formidable a démarré à l’occasion de plusieurs visites de Jean-Pierre Mercier et moi-même au Caire à l’invitation du festival CairoComix, à Beyrouth pour les Mahmoud Kahil Awards, au Maroc pour le festival de bande dessinée de Tétouan porté par l’Institut National des Beaux Arts, en Tunisie…

La découverte des travaux et œuvres de plusieurs auteurs emblématiques, les échanges avec Mu’taz Sawwaf, Lina Ghaibeh, Shennawy, Jad et bien d’autres, nous ont permis de prendre conscience que quelque chose d’important se passait, d’Alger à Tétouan, du Caire à Beyrouth et jusqu’en Irak et en Syrie dans des conditions que nous pouvons aisément imaginer. Nous avons rapidement constitué une équipe de spécialistes et de passionnés autour de ce projet. Pour nous, il était essentiel de donner à voir l’extraordinaire vitalité de la création du monde arabe en matière de 9ème art, et de manifester notre intérêt et notre soutien à cette création en cours et aux auteurs qui la font vivre, parfois dans des contextes particulièrement difficiles. Les presque cinquante autrices et auteurs exposés, arabophones, anglophones et francophones, de plus de dix pays, témoignent de la diversité des styles graphiques et des modes de narration, inspirés par les mutations et tragédies des sociétés arabes écartelées entre les traditions et les aspirations à l’émancipation et à la liberté. Leurs œuvres échappent à toutes tentatives de contrôle et de censure, la bande dessinée n’étant pas encore un art trop exposé et trop visible. C’est ce qui constitue l’un de ses multiples intérêts et l’une de ses forces.

Cette nouvelle bande dessinée surprend par son audace, par la multiplicité de ses influences et par la richesse des thèmes qu’elle aborde. Influences occidentales, japonaises et héritages de la tradition graphique arabe s’entremêlent pour aboutir à des esthétiques singulières. Thèmes intimes, poétiques, politiques, historiques, sociétaux, elle rend compte et permet de mieux décrypter la nouvelle page qui est en train de s’écrire dans une région du monde sujette aux soubresauts de l’Histoire, notamment depuis les Printemps Arabes. C’est à ce regard rétrospectif sur une décennie de littérature graphique que l’exposition invite le visiteur, en proposant un parcours entre les différentes régions et les différents collectifs constitués pour apprécier les multiples talents qui s’y déploient. »

Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image

Cette exposition est une co-production de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême, The Mu’taz & Rada Sawwaf Arabic Comics, Initiative/ToshFesh.com, l’Université américaine de Beyrouth, l’Institut français de Paris.

 

Rebel Spirit (Mohammed El Bellaoui), lors du vernissage de l’exposition Nouvelle Génération, la bande dessinée arabe à Kénitra, mars 2019

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