jeudi 21 févr.
19:00
Institut français de Kénitra - Kénitra

Concert : Yuma

 

Apparu sur la planète musique le 20 décembre 2015, Ÿuma se distingue sur la toile par des « mashups » originaux de chansons orientales et occidentales. Ainsi le duo établit des passerelles entre les cultures des deux rives de la Méditerranée. Aujourd’hui l’indie folk Ÿuma s’affirme comme un des leaders de la musique alternative tunisienne.

Plasticienne et peintre, diplômée de l’école des beaux-arts de Tunis, Sabrine Jenhani a très tôt découvert sa passion pour le chant et l’écriture. Jeune chanteuse dans des groupes de rock puis approchée par un célèbre club de Tunis, Sabrine visite (h)ardemment les grandes voix du jazz. Le « job » tous les soirs a su sculpter sa voix. Durant ces années formatrices elle écrit dans la presse culturelle la plus active de la capitale, et se trouve ainsi des deux côtés du miroir. Précurseure de la scène underground tunisienne et déjà icône dans son pays, aujourd’hui l’auteure compositrice souffle avec Yuma un vent nouveau sur le devant de l’actualité artistique du monde arabe.

Formé dans les premiers groupes de rock de Tunis, Ramy Zoghlami a appris la musique en autodidacte, sur les scènes clandestines de la banlieue sud de la capitale. Guitariste et chanteur, multipliant les collaborations sur des projets de Rock-Inde et musique électronique Ramy est tout d’abord un cinéaste. Ce sont des années de scénarios et de plateaux de tournages qui ont orienté sa musique et son écriture vers un univers de poésie et de mythes.

LES RHAPSODIES DE ŸUMA

L’univers de Yuma est celui de l’âme humaine quand, dans le désordre du monde, l’âme cherche son alter ego, son double, sa part manquante : au milieu des mutations politiques, sociales ou culturelles, Yuma prend le parti d’une poésie amoureuse, amoureuse dans le désarroi ou dans la quête, amoureuse dans la solitude et le destin, l’absence, l’attente, le doute et finalement, la révolte et la libération.

De tous temps la poésie a été politique. Or Yuma campe délibérément dans la poésie, de manière exigeante : creusant la langue, celle des sols troublés et des pierres de Tunisie, de ses plaies et de ses quartiers, portant haut les ocres du mot, les lumières du verbe, les teintes crépusculaires et les saveurs et l’incandescente nécessité du poème.

Le coeur est révolutionnaire, parce que finalement le cœur est le nid des toutes les contrecultures. Yuma part du cœur. Le cœur, c’est l’autre. A l’infini. Le mode d’expression de Ramy et Sabrine est minimaliste, fonctionne comme le déploiement, leurs chants-poèmes ont les habits de l’humain parce que leur poésie s’écrit dans le dépassement, précise l’incertitude, éclaire les états d’âmes, rompt ce qui entrave.

C’est sans doute pourquoi la musique qu’ils partagent est à chaque fois reçue comme un petit miracle, une thérapie au sens où leurs chants parviennent à soigner les douleurs et les peines de leurs contemporains. Partout où ils se produisent leurs mélodies cicatrisent !

La dernière chose qui les distingue enfin c’est leur manière de se mettre en scène, l’un et l’autre, en miroir, en se reflétant réciproquement, en se mêlant et se démêlant. Parce que l’un est le contrejour de l’autre, ils sontleur propre fiction, conjuguent pudeur et intimité, s’évadent, nous déjouent.

Alors, dans une délicatesse infinie, ils déploient des mélopées si pures et anciennes que nos cœurs s’ouvrent en grand pour laisser passer la procession de nos pleurs et passions, de nos troubles et de notre abandon.

Entrée libre dans la limite des places disponibles. 

 

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