mercredi 09 sept.
09:00
Galerie de l'Institut - Meknès

Le Graffiti est un phénomène artistique d’expression libre, rebelle et puissant. Il est pratiqué dans des conditions de risque, de peur et de spontanéité. Désormais, on le retrouve dans les évènements, les galeries, les musées et le marché de l’art. Il a profité d’une reconnaissance institutionnelle, ses pratiquants sont passés de la rue à l’atelier en passant par les galeries.

Mais l’effervescence du Graffiti dans les années 70 aux États-Unis, puis dans les années 80 en Europe, et son rayonnement, quelques années plus tard, dans le monde entier, a rendu sa pratique légale après avoir été interdit. On le retrouve désormais dans les galeries, les musées et le marché de l’art. Il a profité d’une reconnaissance institutionnelle, ses pratiquants sont passés de la rue à l’atelier et exposent également dans les galeries.

Il est donc logique de penser à comment cette transition du Graffiti d’un art de la rue à une pratique esthétique en termes de techniques, de formes, d’inspirations et de conception. Il est également
pertinent de réfléchir à comment les frontières entre Graffiti et Design se sont rendues perméables pour laisser passer de part et d’autre des courants et des tendances réciproques.

J’ai découvert plusieurs points d’intersection entre le Graffiti et le Design. Tout cela m’a permis de développer ce croisement entre les deux domaines.
J’ai décidé de réadapter la démarche de Graffiti, ses formes graphiques, sa gestuelle, ses palettes et sa spontanéité dans mon projet, en créant des graphismes et des meubles fabriqués de manière
industrielle et artisanale tout en restant orienté par la problématique suivante : peut-on appliquer le style, la liberté et la démarche des graffeurs au Design ?

BIOGRAPHIE

Né en 1995 à Meknès, Reda Boudina est un jeune artiste Street Art marocain. Il signe ses fresques RDS depuis ses débuts en 2010, année où il décide de choisir les Arts appliqués comme option au
baccalauréat. Il opte, par la suite, pour des études en classes préparatoires du Brevet de technicien supérieur en art et industrie graphique et intègre ainsi l’Institut National des Beaux-arts de Tétouan (INBAT) dont il est diplômé en 2019.

Son premier contact avec le graff s’est donc fait très tôt : les graffitis qu’il regardait, fasciné, du haut du pont de la voie ferrée de Meknès, représentent une découverte artistique saisissante pour lui. Il s’agissait des graffitis du défunt Rabie El Addouni, graffeur pionnier renommé au Maroc.

Malgré son jeune âge, Reda Boudina perce dans l’univers du Street Art marocain en participant aux manifestations les plus importantes dédiés à cette forme artistique : Fmud, Jidar, Sbagha bagha…

RDS s’adonne au Wild style qu’il développera pour créer un style unique de lettrage en 3D. Volumes composés, formes articulées, couleurs criardes, conteurs complexifiés : le travail du jeune artiste privilégie l’abstraction pour mieux révéler la plasticité de la forme. Ses œuvres procèdent de la manipulation, de la déformation, de l’amplification mais surtout d’une recherche de l’aspect sculptural en 3D du dessin bidimensionnel.

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