vendredi 19 avril
20:00
Salle Gérard Philipe - Rabat

Compagnie Daha-Wassa.
Ce one one man show est très convaincant.
De Naima Oulmekki seule sur la scène émane une présence majestueuse. Elle est autodidacte. Sans formation académique de professionnelle de la comédie, le jeu est inné pour elle. C’est un point positif, son expression sur scène est authentique. Elle réagit à fleur de peau. Sa générosité est attachante, elle donne à voir l’intimité de sa pensée et de son vécu, dans une créativité permanente.
Son personnage te sollicite, te fait entrer dans son monde à petits pas, tu te retrouves concentré, pris dans le jeu. Il ne peut te laisse insensible.
Naima Oulmekki nous fait ingurgiter un vécu très proche de chacun, jusqu’à la nausée, elle vomit ce vécu…elle fait surgir et jaillir toute sa souffrance jusqu’à l’éclaboussure.

Une souffrance qui est imposée par la société, ses mythes et ses rites tels un plafond et des parois de verre. Certes, ces plafonds de verre laissent voir l’horizon mais elle s’y cogne avant de pouvoir les franchir. Elle est condamnée à subir les mêmes personnes, leur violence, leur intrusion, leurs demandes répétées comme dans un aquarium sans issue. Elle est condamnée à tourner en rond dans une société sans gêne, et exigeante. Les limites vastes et généreuses au départ se rapprochent et deviennent de plus en plus serrées jusqu’à l’étouffement. Elle se retrouve dans le manège de la vie qui encercle, asphyxie et ramène à la réalité de l’individu. Les rêves ont été mis en attente ou trahis, mais rarement réalisés. Réalité des engagements, des déchirures, des ruptures. La rencontre avec soi-même dans un face à face éprouvant.
Le personnage dans un élan vers la liberté, la fuite en avant loin des exigences de la société, casse les codes et se retrouve face à sa vérité elle fuit la réalité et se réfugie dans le reflet, dans l’image caricature attendue par la société.

Une issue possible est de plonger dans l’imaginaire, se dédoubler, rejoindre sa propre image dans une rencontre tout aussi étrange que sa façon d’habiter la vie.
Le rêve se rapproche, il reconstitue les pièces éparses de la personnalité en retrouvant le reflet qui renvoie à une triste réalité : aller faire un tour avec son image dans un majestueux selfie.

Partager :