Depuis sa création, le Salon a pour vocation de promouvoir le débat et les échanges entre intellectuels des deux rives de la Méditerranée. Cette année encore, il réunira écrivains, artistes, philosophes, historiens et des poètes, pour animer des conférences et des tables rondes autour du thème de la lenteur et de notre rapport au temps. Certes on pourrait gloser sur une lenteur conçue comme une inertie fataliste opposée à une rapidité moderne fondée sur le culte de l’efficacité. Nous avons choisi de parler ici de la lenteur dans son acception positive, celle qui a été vantée par les Anciens ou aujourd’hui, entre autres, par Carl Honoré et qui correspondrait à un tempo giusto à accorder à nos vies.

Les nouvelles technologies et le progrès technique nous font gagner du temps, les heures passées au travail diminuent, la durée de vie s’allonge et pourtant nous avons tous le sentiment de manquer de temps. D’où vient ce sentiment quasi-universel que le temps passe trop vite ? Il y a là vraiment nécessité de s’interroger.

 

Mercredi 8 mai : Introduction à l’éloge de la lenteur

L’accélération de nos vies est-elle inéluctable ? Faire l’éloge de la lenteur suppose implicitement de faire la critique de la vitesse. Accélération de nos modes de vies, accélération du progrès technologique, rapidité des moyens de communication et de transport, culte de l’instantanéité,la vitesse est-elle synonyme de modernité ? Cette introduction sous forme de constat permettra de faire le lien avec l’édition 2012 (le numérique, une nouvelle ère ?) et d’annoncer la nécessité d’un retour à la lenteur, au temps long, à un rythme mesuré. La réflexion fut posée par Henri Bergson,au début du XXe siècle, sur le temps tel qu’on le mesure et la durée telle qu’on la ressent, quand les théories d’Einstein et l’industrialisation marquaient une nouvelle époque. En ce XXIe siècle naissant, les débats sur le temps restent très soutenus avec les contributions de Paul Virilio qui a développé une théorie de la vitesse et de ses liens avec le politique (la dromologie) ou de Harmut Rosa qui met en évidence L’Accélération comme source irrésistible de la modification des structures collectives du temps. Ali Benmakhlouf et Jérôme Lèbre travaillent aussi sur cette notion du temps et ouvriront les débats.

 

Jeudi 9 mai : « Création et histoire »

Le métier même des historiens les conduit à offrir une résistance au règne du « présentisme ». Fernand Braudel a crée la notion de « longue durée » pour bien mettre en évidence, par-delà une histoire événementielle « à oscillations brèves, rapides, nerveuses », par-delà les cycles plus lents des mutations économiques et sociales, une histoire quasi-immobile (paysages, relations des hommes avec leur milieu).

Le temps en Histoire : rupture et continuité en Méditerranée. Archéologues, responsables du patrimoine, historiens sont réunis pour en débattre.
Le temps de l’écriture : Le processus créatif semble sans cesse hésiter entre lenteur et vitesse, entre maturation et fulgurance. Des écrivains témoigneront de leur façon de créer et de leur relation au temps.

Art brut, art singulier : un art hors du temps ? (à l’occasion de l’exposition Ouarzaz à la Galerie Delacroix). Pour comprendre ce qui se passe dans la région d’Essaouira en matière de création artistique on a parlé d’art brut, d’artistes singuliers sans déboucher sur une réponse définitive. Frédéric Damgaard qui a su le premier exposer ces artistes, Philippe Peltier qui lui est spécialiste des cultures aborigènes d’Australie en débattront avec un critique d’art, Mohamed Rachdi et une éditrice Malika Slaoui.

 

Vendredi 10 mai : « Le temps de l’éducation »

Le débat sur les rythmes scolaires envahit les médias en France mais cette réflexion ne doit-elle pas être reprise du début ? Qu’en est-il de la définition des âges de la vie dans l’éducation et la formation d’hommes et de femmes que l’on souhaite rendre responsables, équilibrés et heureux ? L’approche scientifique des conditions biologiques du développement harmonieux de l’enfant et de l’adolescent doit être couplée à une réflexion sur les conditions intellectuelles, voire spirituelles, de la formation de sa conscience individuelle.

Rythmes scolaires, rythmes de l’enfant : Quel rythme pour l’éducation des enfants ? Les rythmes scolaires sont-ils adaptés aux rythmes biologiques ? Des spécialistes de la chronobiologie interviendront sur ces questions.
Le temps de l’apprentissage : Conduire les enfants, les jeunes à parler, à lire, à apprendre à apprendre, suppose que l’enseignant, les parents aussi, disposent de stratégies cohérentes. Qu’en est-il des programmes scolaires, des curricula des universités mêmes, en la matière ?

 

Samedi 11 mai : « Prendre le temps : une question politique »

La politique dans l’urgence ? Vision à court-terme, exigence de résultat immédiat et hyper-médiatisation façonnent la vie politique des sociétés modernes, mettant de côté les temps de réflexion et de consultation nécessaires à la prise de décision et à l’exercice de la démocratie. Comment sortir de cette dictature de l’urgence ?

Economie et société : la croissance à tout prix ? Quel modèle de développement pour les pays émergents ? La course effrénée à la croissance et à l’enrichissement a plongé le monde dans une crise économique et environnementale grave. L’épuisement des ressources, le réchauffement climatique, les écarts de richesse qui se creusent… tout cela nécessite de repenser nos modèles économiques et nos modes de vie. (décroissance, développement durable, altermondialisme, localisme …)

 

Dimanche 12 mai : « Prendre le temps : une question de vie »

Le « Slow movement », un nouvel art de vivre ? Ce qui a commencé en Italie par une simple réaction d’opposition au fast-food est devenu un mouvement mondial et global avec des résonances dans des domaines aussi divers que l’urbanisme, les transports, le voyage, la santé, l’éducation et bien sûr l’alimentation. Ce mouvement a même pris racine au Maroc qui dispose de trésors en la matière. Prendre conscience des bienfaits de la lenteur

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