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La lecture de La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II a marqué plusieurs générations d’historiens depuis sa publication en 1949. Dans cette approche dite des Annales , un temps long est affimé contre les accidents de l’histoire événementielle. Le dialogue entre archéologues et historiens, Filippo Coarelli, qui a travaillé avec Fernand Braudel, et Abdelaziz El Idrissi a permis de reprendre cette réflexion. Le spécialiste italien de la Rome républicaine a mis en évidence qu’une histoire de la conquête par Rome de l’espace péninsulaire aux IV -III èmes siècles avant J-C pouvait tenir compte de la longue durée et que la synchronie et la diachronie pouvaient être perçues si l’on se penche sur des données anthropologiques (cultivateurs vs éleveurs nomades) et sur l’histoire des paysages (campus vs saltus). Le cadastre comme l’organisation des foires en témoignent toujours. Le spécialiste marocain de la circulation néolithique en Méditerranée, maintenant délégué à la Culture à Tanger, est revenu sur ces permanences dans l’organisation des marchés ruraux (souks) et sur les conditions du calcul du temps.
Les débats sur l’art de Ouarzaz permirent de revenir sur cette perception atemporelle de la création picturale d’un artiste-cultivateur.

La belle discussion sur les temps de l’écriture réunit des personnalités aussi différentes que possible. Rachid Boudjedra parla de ses romans, fruits d’un « violent désir d’écrire » comme « adossés à l’histoire ». La « grande nécessité d’écrire » décrite par Gwenaëlle Aubry correspond à un besoin, une nécessité d’arrêter le temps pour laisser s’ouvrir des « temporalités multiples ». Sylvain Tesson, écrivain-voyageur, nota que l’on croit tracer des itinéraires mais que l’on trébuche chaque jour, à chaque instant. La tenue du journal quotidien impose une rigueur. Sylvain Tesson s’impose la brièveté et goûte la nouvelle comme l’aphorisme ( Voir l’article de Le Soir-Les Échos du 15 mai).

Kebir M. Ammi qui avait déjà la veille évoqué, à propos de Mardochée , sa relation à l’histoire dont il se joue comme un braconnier, revint sur « l’impérieuse bataille » avec le temps qu’impose l’écriture.

Images et notes de la deuxième journée :

Portfolio :

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