Exposition
Du
mercredi 26 juil.
Au
dimanche 15 oct.

Le Pavillon de l’exil.
«Je suis semblable à celui qui portait sa brique pour montrer au monde comment était sa maison.»
Bertold Brecht
On m’a souvent posé cette question : comment je me considère en tant qu’artiste ? Ma réponse a toujours été la même : je me considère comme un travailleur immigré. Mon travail consiste à examiner ce que c’est d’être un artiste, lorsqu’il se sent étranger à son propre contexte culturel, voire à son propre rôle.
«De l’exil, j’ai fabriqué des lunettes pour voir» : j’ai écrit cette phrase en 1998. Depuis, je me pose la question de l’exil, ou plus précisément, c’est la question de l’exil qui s’est toujours posée à moi. Ayant volontairement quitté le Maroc, j’ai vécu dès lors avec la conscience aiguë de la séparation, du déplacement, du poids de l’identité. J’ai inscrit alors ma démarche dans ce déplacement permanent en l’affirmant dans plusieurs œuvres et expositions personnelles, comme «l’Art de la guerre» (ADN Platform, Barcelone, 2014), «Permanent Exile» (MAMCO, Genève, 2015). D’autres expositions collectives comme «Art en Exil» à la Galerie Keitelman, Bruxelles, et « Escale 01 » au Musée des archives Nationals, à Paris.
Plus récemment, le projet « le Pavillon de l’Exil » a été montré à la Biennale de Venise, dans le Pavillon Tunisien.

De cette nécessité, de cette urgence permanente de penser l’exil, est né le projet du Pavillon de l’Exil, comme un projet itinérant, proposant une cartographie parallèle, une géographie libre d’expositions temporaires, sous la forme d’escales dans différents pays.
Le projet pose la question de l’exil comme un nouvel espace à réinventer, à repenser et finalement à investir. Il veut interroger de manière à la fois globale et spécifique les liens entre les différentes formes de déplacements, qu’il s’agisse de la situation du migrant travailleur, de l’expatrié, du réfugié ou encore de l’exilé de guerre, de catastrophes naturelles, de problèmes économiques, de persécutions politiques ou raciales.

Le Pavillon de l’Exil veut investir et franchir toutes les frontières, revisiter les expériences de l’exil et en réactiver les traces dans l’Histoire. Où commence l’exil et où se finit-il ? Sommes-nous tous égaux face au déplacement et à l’exil ? De qui sommes-nous les exilés ?
Mounir Fatmi

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