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jeudi 14 févr.
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dimanche 07 avril

On n’arrête pas les vagues. Photographies, installations

La photographie passe pour l’image la plus voisine du réel. Elle le fait connaître et reconnaître. Elle l’identifie. Annick Sterkendries, quant à elle, s’empare du réel en proposant à ses modèles volontaires de prendre la pose coiffés du masque d’un oiseau. Elle les photographie alors sans rien voiler des lieux et du décor.
Ses oiseaux sont les migrateurs. L’homme, la femme, l’enfant masqués sont les migrants, complices, acteurs. Ces migrants, car dénommés ainsi, sont anonymes, sans identité, identité qu’il leur vaut mieux cacher, sous peine de reflux.
Cependant, devenus Hommes oiseau, chimères, êtres hybrides, ils transpercent l’image, révélant leur histoire, leur présent, leur particularité de particules qui composent les vagues…ces vagues migratoires qui ponctuent l’histoire et ce depuis que l’homme existe.
Dans ses installations, Annick Sterkendries pousse la métaphore. Lucide du matraquage médiatique, de cette réalité que l’on n’entend plus, que l’on ne voit plus… elle met la nappe, dresse une belle table et nous fait prendre place, nous confortant – en apparence – dans le spectacle de la vague. Des détails, des particules se révèlent alors à qui veut bien les voir, ces images des migrations contraintes actuelles et passées qui font parties du décor.

« Regardez-les ! Avant d’atteindre sa chimère,
Plus d’un, l’aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux. »

Extrait de Les oiseaux de passage, Jean Richepin, dans « La chanson des Gueux », 1876.

Née à Bruxelles, Annick Sterkendries vit en France depuis 30 ans.
Poétique, métaphorique et empreint d’ethnologie, son travail photographique et d’installation questionne l’autre, la rencontre par le filtre de faits de société, de l’actualité qui sont les sources de sa création protéiforme.
Sans être moralisatrice, Annick Sterkendries constate, évoque, donne à penser…
Commissariat : Pascal Thevenet

Entrée libre

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