mercredi 28 nov.
19:30
Tanger

« Dans un film il y a trop d’images, trop d’informations. Je suis contemplatif mais en mouvement. Le mouvement. Nécessaire à la survie. Il contient cette dimension d’anticipation qui nous guide depuis la création du monde. Il y a dans le spectacle d’une photo, la volonté de comprendre les ressorts de la vie.
L’intention. Sans elle, ne seraient possibles ni la création, ni l’art. Si l’on considère, en se référant à Tim Ingold, chaque photographie comme un point dans le temps et l’espace, l’oeuvre d’un photographe forme-t-elle pour autant une ligne ? Peut-être. J’ai souvent pensé que les points formés par la totalité des images prises renvoient à notre enfance, quand il s’agissait de relier les chiffres pour faire apparaître une forme définie. Mais à mon âge, où chaque élément renvoie à plus de questions que de réponses, cela me semble désormais illusoire. Pourtant, la question du sens reste prégnante. La manière dont on photographie, ce qu’on appelle communément le « style », n’est en réalité qu’une marque de ses obsessions, de ses phobies et de ses désirs. La photographie est une autobiographie permanente sans forme. »

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