Exposition
mardi 22 nov.
Safi
lundi 19 déc.
Safi

Trait d’ union, le titre de la 10ème édition des Rencontres Internationales de la Photographie de Fès, est emprunté au travail de deux photographes français : Nicolas Henry et Floriane de Lassée et nous invite à nous rassembler, à échanger , à dialoguer. Sans dialogue, il n’y a en effet pas de rencontre. Quid de notre humanité sans ce trait d’union, ce Qantara, ce pont sans lequel les rives deviennent archipel souffrant sans cesse de l’isolement et de l’incompréhension.

L’hommage que nous consacrons cette année à Leïla Alaoui, grande photographe franco-marocaine, victime d’une violence aveugle, est l’incarnation de cet appel d’urgence à écouter l’autre. Un moment solennel, où son œuvre rencontre le travail de Floriane de Lassée et Nicolas Henry, fruit de leurs rencontres qui sont le miroir des rapports sociaux. Leurs photographies ont une portée symbolique et humaniste : elles ne dénoncent pas, elles ne choquent pas. Sans misérabilisme mais avec humour, gaîté et poésie, elles témoignent « de fragments de vie ».

Alors que Floriane de Lassée s’attache à l’individu, à l’unité dans la diversité, Nicolas Henry s’applique à inscrire l’homme dans un paysage quotidien revisité, à mettre en avant les diversités des cultures tout en proposant des portraits de groupe. Chaque communauté humaine rencontrée est placée dans un petit théâtre bricolé avec les objets du quotidien et dialoguant avec le paysage et ses lumières.
Avec Bruno Ulmer, nous entrons de plain-pied dans l’univers d’un artiste « complet », dans la mesure où sa pratique artistique aborde aussi bien la peinture que le collage, la photographie que le film, la vidéo, l’installation scénographique ou théâtrale… Ce qui l’intéresse dans le croisement de ces différentes approches, c’est la question centrale de la « fabrique de l’image ». Il nous livre sa dernière préoccupation liée à l’identité intime : 149 photographies, toutes signées de rouge, souligneront l’absence de Rachid B. L’enfant de la photographie n’est plus, il repose dans le vide d’une boîte noire, à l’optique obturée.

La photographe italienne Rosi Giua nous propose un travail en cours de publication, un reportage social intitulé “Traces de communauté(s)” sur le quartier populaire de La Belle de Mai à Marseille. Cette artiste travaille depuis ses débuts « la terre brute du quotidien », elle choisit de ne pas s’installer dans le confort de la lumière facile. Son énergie réside dans cette force créatrice cherchant à rendre à la réalité sa force douce sans occulter pour autant la difficulté de vivre de ces êtres oubliés de nos regards.

Slideluck propose une projection en boucle de 30 photographes du monde témoignant d’un regard pluriel, donnant matière à voir tout en créant un espace de rencontres virtuelles : le monde n’est pas vu de la même manière par chacun d’entre nous.
Avec la série « salle de classe » réalisée à Marrakech par
Hicham Benohoud, nous sommes invités à questionner le banal, à porter un autre regard. Hicham Benohoud fait sa mise en scène, bouscule le paysage : la salle de classe se métamorphose car les enfants quittent les tables pour s’installer dans les situations voulues par l’artiste .

Les Rencontres Internationales de la Photo de Fès seront également pour le public l’occasion de visites guidées, de rencontres sous forme de master class avec Moh Aroussi et Thomas Oliva sur la thématique « mises en scènes et lumières artificielles », et avec Thami Benkirane autour d’une série de photographies intitulée « Fès et gestes ». Enfin, les plus jeunes, sans caractère exclusif pour autant, retrouveront Omar Chennafi pour le désormais traditionnel rallye photo en médina et des ateliers de photographie.
Toute l’équipe de l’Institut français de Fès vous souhaite des Rencontres marquantes, voire dérangeantes, mais assurément stimulantes.

Christophe STEYER / Brahim ZARKANI
Institut Français du Maroc, site de Fès

Partager :