Dans le cadre de Novembre numérique
Une broderie met des semaines à naître. Une image en réalité augmentée s’active en une seconde. L’exposition Villes flottantes, portée par Elsa Mroziewicz et Cécile Palusinski, ne choisit pas entre ces deux temporalités, elle les fait dialoguer.
Le projet part d’un constat simple : face aux urgences écologiques, des solutions existent déjà, ancrées dans des territoires précis. Taïwan, l’Inde, la Tunisie, le Brésil, les États-Unis, la France, et enfin le Maroc : autant de résidences où les deux artistes ont recueilli initiatives, gestes et récits. De ce matériau naissent des villes flottantes imaginaires, où broderie traditionnelle, réalité augmentée et poésie sonore se répondent.
Né en résidence à la Maison Denise Masson, l’opus Maroc prend le titre Au fil de l’eau et du sacré, en écho aux signes et symboles que les deux artistes ont puisés dans les collections du Monde des Arts et de la Parure (MAP) à Marrakech, accompagnées dans ce travail par le commissaire Alaa Eddine Sagid. La coopérative de brodeuses Iminouzerg avec le soutien de l’association Timendotes et le studio textile Brodeuse Voyageuse ont donné corps à ces motifs.
À chaque étape de la tournée dans le réseau de l’Institut français, l’exposition se construit en miroir : une fresque inspirée du Maroc ou brodée au Maroc fait face à une fresque brodée en Inde ou au Brésil selon les escales. Le visiteur passe de l’une à l’autre, invité à activer les images grâce à l’application, à écouter les haïkus sonores et les journaux de bord audio qui donnent à découvrir la vie sur ces villes flottantes.