A la suite du concours Dix-moi dix-mots, un grand bravo aux gagnants locaux de l’Institut français de Kénitra.

1er prix : Aymen Lbibb

J’ai la flemme de bouger ce matin. Ce n’est même plus le matin, il est presque 16h. Je reste allongé sur le canapé encore quelques heures en me connectant sur ma tablette. Heureusement que je n’ai ni télétravail ni mioches, sinon mon programme partirait en fumée. Si jamais on peut appeler ça un programme. J’ai bien fait de déplacer le frigidaire près de moi. Du grignotage toute la journée, c’est formidable. Je suis très chanceux, j’ai des gènes de champion, je ne risque aucunement l’obésité. C’est ça mon petit périmètre de bonheur; ma coronamaison. Je devrais songer à rapprocher les toilettes aussi, comme ça je ne bougerais plus.

2ème prix : Riyad Saksak

Jadis et avant ce coronamaison, mon cœur rayonnait d’euphorie quand mes pupilles noisettes se posaient sur les merveilleuses étoiles scintillantes. Dans l’obscurité, j’étais éperdument amoureux de ce divin paysage; mais le temps avait changé après que cette vermine de virus s’installa chez nous, l’ennui m’avait tapé sur les nerfs au point que je parlais au frigidaire comme s’il était mon collègue de classe, en plein grignotage en plus, carotte, radis et même des choux. A force de bouffer, l’obésité avait commencé à m’empoisonner les entrailles, le périmètre de ma ceinture avait tellement grandi qu’il ne restait que quelques millimètres avant d’éclater. La solitude avait agressé mon bonheur, mon univers était devenu un terrible champ de bataille sous un soleil noir de mélancolie, chaque fois que je sombrais dans l’affliction je me répétais : « Le livre pour survivre » et c’est heureusement le cas, mon livre était et restera mon seul et unique refuge. Il n’y avait plus d’occupation dans notre demeure, mes parents avec leur télétravail, mes frangins, trois petits mioches regardant la télé sans même bouger un sourcil, hypnotisé par les dessins animés, le canapé en avait assez de moi, il ne lui restait qu’à m’accuser de flemme. Notre secteur est devenu un vrai zoo, les oiseaux, les chiens, des chats en grand nombre, le plus intéressant est que les cigognes se sont installées sur un poteau de lumière en face de notre fenêtre. Maintenant je comprends pourquoi dieu avait lancé une de ses armes, c’est à cause de l’ignorance dont vit l’humanité ces derniers temps, comme le déluge de Noé, j’espère que Dieu sera clément envers ses fidèles serviteurs.

3ème prix : Malak et Ranim Jaafar  (12 et 8 ans)

Le coronamaison est l’unique saison

Où le monde risque de perdre la raison

Pour plusieurs raisons

D’abord la comparaison

Entre la vie maintenant

Et celle d’avant

Fini les restaurants

Plus de livraisons

Ne pas dépasser les paillassons

Pour le moment coupez toute relation

Surtout avec les grands parents

Sauf pour ma maman

Qui doit rester en contact permanent

Avec ses collègues et son patron

Et même si le surtravail du télétravail est stressant

Elle passe sa période de détention

Dans un appartement

D’une centaine de mètres

Dont elle doit bien surveiller le périmètre

Pour que personne n’en sorte

Et rien n’y entre

Ce qui n’est pas évident

Avec cinq petits mioches

Sourds comme des pioches

Deux garçons et trois fillettes

Avec lesquels il faut cinq tablettes

Pour assurer la continuité

Et beaucoup de fermeté

Pour éviter l’obésité

Surtout que la relation avec le frigidaire

Est devenue légendaire

Entre grignotage et pianotage

De l’omelette au fromage râpé

Du divan au canapé

Manger avant de s’allonger

S’allonger après avoir mangé.

Tout le monde a la flemme.

Quel dilemme !

4ème prix : Iyad Srij

Il était une fois, un Virus cloua les gens à la maison, ainsi était sa passion, et qu’on appela le coronamaison.

Les mioches étaient frustrés parce qu’ils ne sortaient pas et en plus, ils étaient claquemurés dans un petit périmètre.

Les animaux, au contraire, étaient comblés de joie.

Les rues étaient désertes,  il n’y avait ni voitures ni motos.

Les frigidaires étaient au complet, les paresseux étaient allongés sur les canapés, regardaient la télé et faisaient du grignotage au fil de la journée.

Ceux qui avaient l’obésité ne pouvaient même pas bouger.

Enfin, la flemme  s’installa.

Les plus chanceux se partageaient les tablettes avec leurs parents quand ces derniers terminaient le télétravail.

Retrouvez les textes des gagnants nationaux ICI

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