Exposition

Regards urbains Casablanca – Martin Bertrand

En partenariat avec la Ville de Casablanca et la préfecture des arrondissements Casa-Anfa

À travers ses voyages à Cuba, au Vietnam, au Bangladesh, en Grèce, au Canada, mais aussi dans sa Bretagne natale, le photographe reporter Martin Bertrand a documenté la jeunesse urbaine avec comme porte d’entrée le skateboard. Ces travaux ont fait l’objet de publications dans la presse française et internationale comme le Washington Post et d’expositions notamment au Photo Festival Baie de Saint-Brieuc et dans le réseau de l’Institut français du Maroc. 

Dans la continuité de ces projets, Martin Bertrand a été accueilli par l’Institut français de Casablanca en résidence artistique pendant un mois à l’automne 2023. Durant cette période, il a raconté le skateboard casablancais avec comme point de départ les skatepark Nevada et d’Anfa Park et le quotidien de Ayoub, Yassine, Akram, Oussama, Mouad et des autres qui l’ont accueilli parmi eux.  

 

Martin Bertrand est photojournaliste et photographe documentaire ayant fait ses débuts à l’Agence France Presse et désormais représenté par le Studio Hans Lucas. À travers ses nombreux projets personnels, il s’intéresse notamment à la jeunesse et aux enjeux géo-environnementaux. Le XXIe siècle et les chamboulements qui l’accompagnent le fascinent tout particulièrement. 

Courant 2017 et 2018, il a mené de nombreux projets en Asie du Sud-Est. Ayant pour fil conducteur le mythique fleuve Mekong et ses ressources, il dresse une mise en perspective des enjeux géo-environnementaux liés au développement dans la péninsule Indochinoise (Vietnam, Cambodge, Laos, Thaïlande). Il s’est également intéressé à la jeunesse vietnamienne et laotienne par le prisme des sports de rue et de la culture urbaine. 

En 2019, il se rend à Hong Kong pour couvrir, entre autres, le soulèvement du mouvement pro-démocratie, ce qui lui vaudra une nomination pour le Prix Bayeux des Correspondants de guerre en catégorie Jeune Reporter. 

Martin Bertrand est aussi un photographe politique couvrant la politique française et européenne. 

 

En parallèle de ses projets, Martin répond également à des commandes de la presse, d’ONG et d’entreprises privées. 

Ses travaux sont régulièrement publiés dans la presse française et internationale (Le Monde, Libération, The Washington Post, Le Figaro, Vice, TIME magazine, STERN, Fisheye Magazine). Ceux-ci ont été primés à plusieurs reprises, notamment par le Prix François Chalais du Jeune Reporter de l’année 2015 en catégorie photo. Il a été finaliste du Grand Prix Paris Match du Photoreporter étudiant et primé par le Young Talents Photo Prize by fotofever ainsi que Talent du Département des Côtes D’Armor en Catégorie Culture et Arts. 

Ses projets donnent également lieu à des expositions et à des conférences. 

Il est 17h30 à Casablanca, l’immense skatepark Nevada met en mouvement plus d’une cinquantaine d’enfants joyeux faisant de la trottinette et du roller. Aujourd’hui considéré comme le plus grand skatepark du continent africain, cet espace est un lieu de vie bouillonnant pour les familles et les jeunes. Sur le côté, Ayoub, Yassine, Akram, Mouad, Oussama, et les autres, skatent, comme pratiquement tous les jours. Ces jeunes passionnés et assidus consacrent presque tout leur temps à la pratique du skateboard.

Depuis quelques années, le développement spectaculaire de la capitale économique du Maroc est corrélé à la construction d’infrastructures favorisant la pratique de ces sports urbains. Comme nous le rappelle Akram, « avant la construction du skatepark Nevada en 2018 qui nous a permis de beaucoup progresser, il n’y avait rien. Nous skations sur des spots que nous trouvions dans la rue. Seul existait le skatepark d’Ain Diab mais il était éclaté et l’entrée coûtait 20 dirhams ».
Pour Yassine qui est aujourd’hui skater sponsorisé par Bears Skateshop, un magasin basé à Rennes en France, l’histoire remonte à il y a quinze ans : « j’ai grandi à Oujda dans le nord-est du Maroc. À l’âge de 9 ans, j’ai aperçu un garçon skater dans la rue. J’étais fasciné. Mes parents m’ont acheté ma première planche et ce garçon est vite devenu mon ami. Mon père m’accompagnait pour trouver des spots pour pratiquer puis s’asseyait au café pendant que je m’amusais. Petit à petit, j’ai rencontré Mouad qui réalise nos vidéos et d’autres skaters. Ça restait vraiment dur à cette époque de skater à Oujda avec la mentalité des gens, ils nous prenaient pour des satanistes. À cette époque, quand je partais en vacances en famille à Casablanca, je trouvais déjà extraordinaires les premiers groupes de skaters qui arpentaient la ville et construisaient des petits skateparks éphémères avec leurs propres moyens. C’est à cette ancienne génération que l’on doit aujourd’hui l’essor du skateboard au Maroc et ces nouvelles infrastructures. ».

À Anfa au sud de Casablanca, les tours de verre sortent de terre à vue d’oeil. Un nouveau quartier moderne abritant Casa Finance city, l’une des plus importantes places financières d’Afrique, est en train de voir le jour. C’est dans cet espace appelé Anfa Park que les skaters ont pu apprécier la construction d’un nouveau grand skatepark en 2020 faisant de Casablanca une ville propice à la pratique du skate.

Il manque néanmoins un réel écosystème de la discipline comme le rappelle Akram : « il n’y a pas de marque, de sponsor ou de compétition qui pourrait nous permettre d’avoir de réelles ambitions grâce au skateboard. Nous n’en sommes pas là. La plupart d’entre nous pratiquent le skate comme une échappatoire à nos problèmes de vie, voir même à nos propres problèmes de santé mentale. » Ayoub qui lui skate pratiquement tous les jours depuis plus de six ans le rejoint sur ce point. Également compositeur musical, il porte un regard sentimental sur le développement de Casablanca : « je vois la ville évoluer, aussi d’un point de vue artistique, et cela me remplit de joie pour l’avenir. »

Martin Bertrand

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