Appel à candidature

Résidences Méditerranée 2026 : Lauréates Arts numériques

Depuis 2015, la Friche la Belle de Mai et l’Institut français du Maroc ont initié le programme « Résidences Méditerranée ». Élargi en 2017 avec l’Institut français d’Algérie, l’Institut français d’Égypte, l’Institut français de Tunisie, l’Institut français de Jérusalem antenne de Ramallah, l’Institut français de Turquie et l’Institut français d’Arménie; ce dispositif de résidences a pour objectif l’accueil d’artistes émergent·e·s de tout le pourtour méditerranéen à Marseille pour encourager leur mobilité. Cette résidence à la Friche leur propose un cadre de recherche et de création sur mesure qui leur permet de développer leur pratique artistique et de (re)découvrir la scène artistique française.

Un espace de création et de rencontre et dialogue avec des pair·es
Chaque artiste bénéficie d’un espace de production adapté à son projet et aux formes qu’il·elle développe. Un accompagnement personnalisé est mis en place via l’implication d’une structure accompagnatrice tout au long de la résidence permettant des moments de parole et de « critique » qui ouvriront des espaces de réflexion à chacun·e.

Des ouvertures d’ateliers au public et des rencontres avec des professionnel·le·s ouvriront des perspectives, des nouvelles collaborations et une visibilité des travaux en cours.

Contexte

Les candidatures devront prendre en compte le contexte de Marseille pour y réaliser leur projet. Le·a résident·e pourraouvrir un nouveau champ de réflexion. Il•elle pourra prendre de la distance sur leur pratique actuelle, pour expérimenter une autre approche ou finaliser une création en cours en lien avec la ville. L’artiste pourra porter sonregard sur ses territoires, son histoire, ses croisements géographiques et culturels. Pendant sa résidence, la présence de l’artiste sera organisée avec les réseaux professionnels ainsi que des moments d’échanges auprès des professionnels de passage à Marseille.

Cette résidence dédiée aux arts numériques bénéficiera de l’accompagnement de Seconde Nature + Zinc – organisateur de la biennale des arts numériques à Marseille et ses environs.

Appel à projet clos pour 2026

Lauréats

Halima El Haddad est artiste et graphiste, diplômée des Beaux-Arts de Tétouan et actuellement en master d’excellence en industries culturelles et créatives à l’université Ibn Tofail de Kénitra. Sa pratique traverse l’installation, la vidéo, la gravure et le graphisme, nourrie par le vocabulaire de l’imprimerie familiale où elle a grandi à Tétouan. Elle prolonge aujourd’hui ce travail vers la réalité augmentée et l’art génératif, dans une recherche sur ce que les systèmes de transmission font aux idées et aux identités qu’ils font circuler.
Mon travail prend la machine d’imprimerie comme modèle de la manière dont les idées, les identités et les voix sont traitées par les systèmes qui les rendent transmissibles. J’ai grandi dans l’imprimerie familiale à Tétouan, où les plaques offset, les pages de test et les repères de registre ont formé mon vocabulaire visuel. Ce que la presse mécanique a fait au langage, l’algorithme le fait aujourd’hui à l’identité, reformatée en unité gérable, la pensée restituée sous une forme multipliée et aplatie. Mon projet explore la tension entre ce qui se gagne et ce qui se perd dans cette transition, et cherche ce que devient ce vocabulaire d’impression lorsqu’il migre vers le numérique.

Je fais dialoguer les anomalies de l’imprimerie physique avec les flux de données numériques, en utilisant des surfaces imprimées industrielles comme déclencheurs de superpositions en réalité augmentée. Marseille, ancien pôle de l’imprimerie et aujourd’hui point d’atterrissage des câbles internet sous-marins, incarne physiquement cette mutation. 

Souki Belghiti est une artiste multimédia, née au Maroc, d’un père marocain et d’une mère française. Après des études de biologie, elle intègre l’école Louis Lumière, section cinéma, dont elle sort diplômée en 2009. Ce cheminement nourrit sa curiosité́ pour les différentes formes de représentation et comment elles façonnent notre réalité́. Sa pratique artistique mêle photographie, installations vidéo et créations sonores pour proposer des œuvres à la croisée du documentaire et du poétique.  Comment donner une forme à ce qui n’a pas encore trouvé de langage et faire dialoguer des mémoires contradictoires, afin d’imaginer d’autres manières d’habiter le monde ? Pour elle, chaque œuvre est une invitation à déplacer légèrement notre regard, pour faire émerger d’autres possibles.

Comment le monde apparaît-il à un oiseau, un poisson ou même un arbre ?
Un même paysage peut être perçu de mille façons différentes, et c’est ce que l’installation interactive « Les voies du monde » propose aux visiteurs de découvrir. Au fil de leurs déplacements, un paysage des calanques se transforme, révélant tour à tour différentes perspectives. Certaines se rapprochent de celles d’autres êtres vivants qui peuplent les calanques, tandis que d’autres font émerger des traces enfouies de mémoires anciennes. À mesure que les visiteurs changent de position, le paysage se recompose autour d’eux et dévoile de nouvelles facettes d’un monde en perpétuelle transformation. En révélant un même lieu sous différents points de vue, cette expérience immersive invite à prendre conscience de l’extraordinaire diversité des présences qui nous entourent et à renouveler notre émerveillement face au vivant. Une manière, peut-être, de ré-enchanter notre relation au monde.

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