Autour de son roman : Le croquis du destin
En dialogue avec Abdelali Errehouni

Nous sommes en 2014. Précisément en juillet. Un mois chaud, mais aussi ardu en raison du Ramadan. Heureusement qu’il y a le Mondial du Brésil pour tempérer les ardeurs vengeresses d’une population bombardée d’images de rues jonchées de débris et de cadavres. Mais juste avant, le roman débute par l’assassinat d’un marocain de confession juive à Casablanca. Avec l’agression israélienne contre Gaza, le responsable ne peut être qu’un barbu avide de vengeance, d’abord de l’Autre accablé depuis des millénaires de tous les vices, factuelle avec les images d’une Gaza meurtrie.

Dans cette ambiance électrique, seul le commissaire Hamidi reste serein et poursuit son enquête. Dans une administration acquise au tout sécuritaire, l’homme compose avec les pressions de sa hiérarchie et s’en va explorer un univers aux antipodes de son quotidien sordide. Il s’agit d’une piste où plane un croquis de Delacroix, le célèbre peintre ayant visité le Maroc en 1832, dans le cadre d’une ambassade menée par le compte de Mornay. D’où le choix du titre de ce roman «Le Croquis du Destin». «Le titre reprend la trame du livre, à savoir un croquis de Delacroix. Il évoque le destin tragique d’un jeune marocain manipulé par des galeristes canadiens. Son destin se décide à Tanger, la ville qui a nourri et inspiré Delacroix. Le livre est aussi l’occasion de faire un voyage dans l’univers du peintre qui a été le premier à avoir mondialisé le Maroc, précisément lors de l’exposition à Paris en 1840. De nombreux artistes vont suivre ses traces et venir au Maroc, en quête de lumière et de couleurs», nous confie Habib Mazini.

En partenariat avec la Médiathèque Tachfini et la Librairie de Paris

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